BATIR AFRICA

AVEC L'AMOUR ON PEUT GUERIR (5)

Ayaba se plongea dans le passé, cinq ans aujourd’hui que Namba l’avait laissée seule en compagnie d’Evans. Au cours de ce fameux diner, ils se découvrirent  des points communs. Ensuite d’autres sorties suivirent. De fil en aiguille, une solide relation se construisit.

Elle se rappela sa confession. C’était après un diner-gala pour le lancement de leurs activités.

-          Ayaba, commença  Evans, je suis un homme comblé aujourd’hui. Je vois la concrétisation de mes projets. J’ai toujours été un oiseau solitaire, toujours pris par son boulot. Ne songeant pas à fonder une famille. Et  j’ai trouvé la branche sur laquelle je veux me poser. Avec toi j’ai découvert la vie à deux. Je t’aime et veux vivre à tes côtés. Ayaba, veux-tu faire de moi un homme heureux en liant ta vie à la mienne ?

Emue, Ayaba ne répondit pas, des larmes perlèrent de ses yeux. Evans prit ses mains dans les siennes.

-          Réponds s’il te plait.

-          Je ne peux pas.  Evans frissonna en entendant cette réponse.

-          Et quelles en sont les raisons ?

-          Je ne pourrai te rendre heureuse.  Il l’interrompit.

-          Comment cela ?

-          S’il te plait ne m’interromps pas, laisses-moi continuer. Je t’aime. Je commence par cela et veux que tu le retiennes. Je t’aime. Tu es celui que j’espérais. Avec toi, je suis moi sans fioritures. Tu n’as pas voulu me changer, tu m’as acceptée telle que je suis. Mais je ne peux accéder à  ta demande. Je m’excuse et te demande de me pardonner, même si je ne le mérite pas. Mais la peur de te perdre après t’avoir connu a motivé mon silence. Les larmes coulaient sur ses joues. Evans ne pouvait les essuyer, il ne voulait pas faire de geste pour la brusquer ; il avait mal de la voir dans cet état. Il sentit ses yeux se remplir de larmes.Je sais ton envie de fonder  une famille ; je constitue un frein pour ce projet. Elle marqua une pause et continua. Il ya de cela deux ans que j’ai appris que j’étais séropositive. Il la serra dans ses bras, l’empêchant de continuer. Tous deux sanglotèrent.

-          Ayaba, ma chérie je t’aime !Peu importe ton statut. Je ne te quitterai jamais; pour les enfants, nous pouvons en adopter. Et avec les progrès faits dans le cadre de l’éradication du Sida, tu peux être mère. Nous pourrions aussi procéder par insémination artificielle. Etant entendu que tu seras suivie par les meilleurs spécialistes, nous aurons un enfant sain, et la contamination mère-enfant se faisant à l’accouchement, il ya des procédés pour l’éviter. Il pleurait de soulagement, parce qu’il croyait qu’elle ne l’aimait pas.Mon amour, maintenant que je t’ai rencontrée, je ne vais pas te laisser partir ; tu as été le déclic que j’attendais dans ma vie, avec toi à mes côtés, je suis prêt à relever tous les challenges. Alors, réponds à la question, insista Evans en essuyant les larmes qui continuaient de couler.

-          Quelle question ?

-          Ayaba, veux – tu faire de moi un homme heureux en liant ta vie à la mienne ?

-          Oui, je le veux. Et elle scella la réponse par un baiser.

Tout s’accéléra. La présentation des deux familles. Le mariage coutumier. Trois semaines après, elle changea de nom devant l’officier d’Etat civil à la mairie d’Attécoubé, lors d’une cérémonie très sobre, réunissant leurs parents et amis. Désormais elle répondait au nom d’Ayaba BOA-MIGAN. Ils adoptèrent une petite fille de trois mois : Astrid.

Ayaba fut interrompue dans son voyage dans le passé par Evans.

-          Ndèye (ma chérie en wolof), tu ferais mieux d’aller d’apprêter pour recevoir nos invités ; j’ai déjà vérifié avec Nadia ; tout est prêt du côté de la cuisine.

-          Merci Nidiaye (mon amour en wolof), tu es un ange.

-          Je sais, acquiesça – t – il en riant. On dirait que ton ventre devient énorme de jour en jour, en  y posant la main. Ils bougent. Ils ont reconnu la voix de leur père.

-          Tu exagères. Aide-moi plutôt à me lever. Elle s’appuya sur le bras de son mari. Celui-ci en profita pour lui voler un baiser. Seulement des jumeaux, et je suis H-S ; j’imagine des triplés.

-          Ah ça ! je ne te le fais pas dire.

Alors qu’elle regagnait sa chambre, elle pensa à Namba, son amie. C’était une perle rare. Elle avait été toujours à ses côtés. Toujours discrète. Bien que soupçonnant son statut sérologique ; elle n’en avait jamais parlé. Elle lui fournissait constamment des informations sur les avancées dans la recherche du traitement du VIH- SIDA. Et c’était elle qui venait avec son mari.

Namba arriva une heure plus tard. Son amie la trouva en compagnie d’Evans au salon. Absorbés dans leur discussion, ils ne l’aperçurent pas aussitôt.

-          Mme Kambiré ! cria Ayaba. Quel plaisir de te voir !

-          Très chère ! je suis également enchantée. Elles tombèrent dans les bras de l’un et l’autre.

-          Dis donc tu es sûre que c’est deux seulement avec cette bedaine, se moqua Namba.

-          C’est deux oh ! Et Franklin ?

-          Il devait déposer Désiré chez ses parents. Si ça dépendait de lui, nous serions venus ensemble. Mais j’ai préféré venir en avance, pour t’apporter mon aide en cuisine.Evans s’éclipsa pour les laisser discuter.

-          Merci, mais tout est prêt. Tu as meilleure mine. Je trouve même que tu as grossi un peu. Franklin s’occupe bien de toi.

-          Tu ne crois pas si bien dire. Il est aux petits soins.

-          Je me rappelle qu’il a failli devenir fou, lorsqu’on t’avait internée pour une anémie sévère. A l’idée de te perdre, lui qui ne voulait pas entendre parler de dépistage du VIH-SIDA, s’est fait dépisté pour te donner de son sang afin que tu te rétablisses vite.

-          Malheureusement, nous n’étions pas compatibles ; et le médecin avait précis un traitement pour remettre d’aplomb.

-          Et à ta sortie de l’hôpital, il entreprit les démarches pour le mariage.

-          Oui ! Nous sommes mariés et  sommes les heureux parents de Désiré. Et bientôt, nous comptons élargir notre famille. Je suis enceinte de trois mois.

-          Ma chérie, je suis contente pour toi, déclara Ayaba en embrassant son amie.

-            Désolé d’interrompre votre séance de câlin, mais il y a Franklin qui vient d’arriver, déclara Evans.

-          Je suppose qu’il est venu fumer le cigare, gloussa Ayaba, en envoyant un clin d’œil à Namba.

-          Heureusement il ne fume pas, répondit – celle-ci

 

FIN
NENE Fatou
225NOUVELLES



29/07/2013
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