BATIR AFRICA

AVEC L'AMOUR ON PEUT GUÉRIR (4) - (NENE Fatou)

Plus tard dans la chambre, couchée dans son lit, elle pensa à son amie. Ce qu’elle pouvait être terrible. Mais elle l’aimait pour tout cela.

Les jours se succédèrent avec leurs corollaires d’évènements.Namba partit encore en mission à Dinaoudi, dans la région de Bondoukou. A son retour, elle mit son plan à exécution. Sa relation avec Franklin avait évolué. Ainsi, des sorties à quatre en compagnie d’Ery Francis furent organisées.

Installées sur la terrasse, les deux amies discutèrent autour de leur tasse de thé.

- Cette infusion de Forever Living Products à l’arôme subtil de la fleur d'aloès mélangée au goût de gingembre associé à la cannelle et au zeste de citron est une pure merveille ;elle est naturellement basse en calories. Ne contient ni thé ni caféine.Et contribue à la digestion.

- Oui, ils font des produits de qualité. Je consomme le Forever Active Boost (FAB), il m’est d’un apport bénéfique, surtout durant nos tournées.Un véritable « booster ».

- Hum, te rends-tu compte que ça fait quatre mois que tu es avec Ery ? Ce que le temps cours. Devant le silence de son amie, elle continua.

- Dois-je faire le trousseau maintenant ou devrais-je attendre encore ?

- Toi, ce n’est pas la peine ! Quand tu t’y mets. Pour le trousseau, on va attendre…

- Attendre quoi, l’interrompit Namba.

- Ery est un brave gars comme tu dis ; sa compagnie est agréable…

- Mais… Je sais qu’il ya un mais qui arrive.

- Oui, effectivement. Il est bien de sa personne, mais il manque quelque chose…

- Comme…

- Au fait c’est indéfinissable !

- Comment ça ? Il ya une définition à tout ! Il est bel homme, compagnie agréable, mais il ne te fait pas vibrer (elle ne fit pas attention à l’air ahuri de son amie) ; tu n’as pas de bouffée de chaleur quand il est tout près, et ton cœur ne cogne pas très fort dans ta poitrine. N’est-ce pas ? Son amie resta sans voix et opina de la tête. Et là, tu te demandes comment j’ai su. Tu as déjà aimé et lorsqu’on aime c’est logiquement ce qui se produit. Et c’est aussi ce que je ressens en face de Franklin.

Elles furent interrompues par la sonnerie de l’entrée.

- Qui ça peut bien être, demanda Ayaba en se dirigeant vers le portail.

Quelques minutes plus tard, elle revint accompagnée d’un jeune homme, d’une trentaine d’années, portant à merveille son mètre quatre-vingt dix-sept.

- Evans !

Namba se leva et se jeta dans les bras du nouvel arrivant.

- Je ne m’y attendais pas du tout.

Elle s’empressa de présenter Evans à son amie.

- Charmé, tout à fait charmé de faire votre connaissance, Miss Koumoué, dit-il en lui serrant la main.

- Arrête de faire le dandy, tu peux la tutoyer ; je t’en donne la permission ; c’est ma sœur.

- Asseyez-vous, je vais vous chercher à boire. Quesque vous prenez, nous avons du Malta, des jus faits maison, du thé et de l’eau ?

- Je croyais qu’on devait se tutoyer, je me fie à ton choix.

Ayaba alla à la cuisine chercher à boire.

- Evans. Depuis quand tu es en ville et comment as-tu que j’étais ici ? Tu es passé chez moi ?

- Je suis arrivé ce matin. Effectivement, je suis passé chez toi et c’est ton aimable voisine qui m’a donné cette adresse ; ton appartement serait en rénovation.

- Ah ok! Je suis contente de te voir. J’attends Ayaba, avant de te demander les nouvelles comme on le fait dans nos villages.

Elle arriva avec un plateau de jus de tamarin et de gingembre. Evans alla à sa rencontre sous le regard étonné de Namba. Un Evans prévenant.

- Attends je vais te décharger de ton colis. Tout cela pour moi.

- Tu crois que quoi ? Nous allons t’accompagner. Ayaba, je t’attendais pour demander les nouvelles.

- Evans, nouvelles, oh. Qu’est-ce qui nous vaut cette visite ?

- Trop de formalités, répondit- il en riant. Rien de grave, juste un bonsoir.

- Ayaba, tu as entendu. Juste une visite de courtoisie. Nous aussi nous sommes là. Merci.

- Je t’en prie. Et je suis d’ailleurs très enchanté d’être passé, en glissant un regard en direction d’Ayaba.

- Ma chérie, ce monsieur est un véritable bourreau du travail ; nous bossons sur le projet de l’insertion des jeunes infectées par le VIH – SIDA qui ont été rejetés. Et c’est l’Ivoirien que les Béninois veulent nous arracher ; il vit parmi nous mais ne veut pas se départir de cet accent – là.

Ayaba garda toujours le silence.

- Namba, n’oublie pas que j’ai grandi au Benin.

- Oui, mais ton père est Ivoirien

- Et ma mère Béninoise.

- Oui donc Ivoirien !

- Je suis plutôt riche de deux cultures. Ayaba, j’espère que tu n’es pas comme elle, têtue avec ses débats souvent stériles. En guise de réponse, elle se contenta de sourire.

- Namba, c’est vrai qu’on ne peut rien te cacher, je suis venu t’apporter des dossiers sur lesquels, je souhaiterais avoir ton avis. Ils sont dans la voiture, je vais les chercher.

Quelques minutes plus tard, il revint avec un attaché-case.

- Tout y est, en le déposant sur la table. Il jeta un coup d’œil rapide à sa montre, dommage Mesdames, avec regret je dois demander la moitié de la route, en faisant un clin d’œil à Namba, comme pour dire que la leçon avait été retenue.

- Oui, nous ne te l’accordons. Au fait, demain c’est samedi, tu peux passer ; ensemble on verra quelques points et on pourra diner ici. Si tu n’as pas un autre engagement.

- Non. Et ce serait avec un grand plaisir.

La discussion entre les deux amies se prolongea tard dans la soirée. Lorsqu’Ayaba monta dans sa chambre, elle se sentait d’humeur joyeuse. La perspective de revoir Evans le lendemain l’enchantait. Néanmoins, elle jugeait préférable de ne pas trop en faire, par crainte de souffrir d’une nouvelle désillusion. « La vie nous réserve quelque fois des surprises » soupira – t – elle avant de sombrer dans un profond sommeil.

Le lendemain matin, elle s’éveilla très excitée à l’idée de la venue d’Evans. Au-dehors, il pleuvait à verse. Elle rejoignit Namba qui prenait son petit-déjeuner.

- Bonjour ma princesse, la salua – t-elle en l’embrassant. Que tu es matinale !

- Je ne voulais pas te déranger, vu l’heure à laquelle nous avons dormi… Et Evans doit passer. Je souhaite prendre connaissance des dossiers avant qu’il n’arrive.

- Ok.

Quelques heures plus tard, Evans arriva. Il portait un pull bleu roi et un pantalon de velours assorti qui le mettaient terriblement en valeur. Les mains chargées de carton. Il fut accueilli par Namba.

- Tiens, du chocolat pour mes charmantes hôtesses.

- Dis, tu as dévalisé la pâtisserie quoi !

- Je sais que tu aimes le chocolat noir ; ne connaissant pas les goûts d’Ayaba j’ai pris d’autres parfums.

- Merci.

- Je t’en prie.

- Ayaba viendra nous rejoindre dans quelques instants dit Namba en réponse à la question qu’il n’avait pas osé poser.

Peu après Ayaba vint les retrouver. Le remercia pour les présents et s’excusa de leur fausser compagnie, elle devait rendre visite à sa belle-sœur qui a accouché d’une fille.

- Tu feras un gros bisou au bébé et à la maman. Dis à Kassinabin qu’elle a fait du bon boulot et que maintenant je peux accéder à sa demande. Je vais lui offrir le billet d’avion pour Hawaï.

- Ok. Je n’y manquerai.

- Félicitation pour le bébé.

- Merci. Bon j’y vais. A tout à l’heure.

Evans la regarda partir avec regret ; ce qui n’échappa pas à la vigilance de Namba.

- Allons au travail ! Elle ne tardera pas. Il fit celui qui n’a rien entendu. Elle est d’astreinte ce week-end ; donc elle a déjà préparé le déjeuner et viendra à temps pour le diner. As-tu oublié que tu es notre invité ce soir. Aussitôt un sourire illumina le visage d’Evans.

- Non du tout. Je n’ai pas oublié.

Concentrés à compulser les différents dossiers, ils ne prêtèrent guère attention à l’heure. Ce n’est qu’en jetant un coup d’œil à sa montre qu’Evans l’interrogea.

- Que t’ai-je fait pour que tu m’affames jusqu’à 15h ?

- Déjà ! Ne gâte pas mon nom. J’apporte le repas ; c’est du foufou. J’espère que tu vas aimer. Fais-nous de la place, j’arrive tout de suite.

- Hum, moi je mange tout oh !

- Oui, même chat. Ils éclatèrent de rire.

Le repas dura une trentaine de minutes. Ils se penchèrent à nouveau sur leurs dossiers. Et ne furent interrompus que par l’arrivée d’Ayaba. Un répit de courte durée, celle-ci les laissa pour s’occuper de sa cuisine.

A 19h, Namba signa forfait.

- M. Evans BOA-MIGAN, à chaque jour suffit sa peine. Stop pour aujourd’hui. Tout le monde n’est accroc au boulot comme toi !

- Ouais, tu m’étonnes. Tu as fait des progrès, répondit-il en riant.

Ils parlèrent encore de boulot, lorsqu’Ayaba vint leur apporter du jus de tamarin. Les trois échangèrent un long moment. La conversation tourna autour de l’avancée des recherches pour un traitement contre le VIH-SIDA.

- Dans 30 mn, nous allons passer à table, leur annonça Ayaba. Evans, si tu souhaites t’étendre un peu avant le diner tu peux aller dans la chambre du fond à droite.

- Non merci. Je pense que je vais utiliser seulement la salle d’eau. Mesdames avec votre permission, fit-il en se levant.

Laissant seules les deux amies.

- Alors dis, C’est comment, demanda Namba.

- Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Elle fut interrompue par la sonnerie du portable de Namba. Evans vint les rejoindre.

- Ok, j’ai compris, conclut-elle en raccrochant. Se tournant vers ses amis. Désolée de ne pouvoir diner en votre compagnie. C’était Franklin au téléphone, il passe me chercher dans 15 mn ; j’ai donc 10 mn pour m’apprêter, j’y vais.

NENE Fatou

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17/07/2013
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